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Exploration de la biodiversité des karsts de Papouasie-Occidentale du 3 octobre au 19 novembre 2010

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18nov. 2010

C'est pas fini

Et voilà, toute la fratrie Lengguru-Kaimana 2010 est de retour. Ainsi s’achève sur ce dernier chapitre le journal de bord de cette expédition. Toute l’équipe vous adresse ses remerciements pour vos commentaires et encouragements. 200 à 300 lecteurs au quotidien, une belle audience bien inattendue. Je vous recommande tout de même de consulter ce site de temps à autre, d’une part pour écouter Radio Papou qui continuera à distiller leur excellente émission hebdomadaire avec des interviews inédites des membres de l’expédition. Et d’autre part, nous diffuserons prochainement le journal de bord en un unique document pdf avec tous les textes et photographies. Un conseil en passant, abonnez vous à la newsletter afin d’être informé des nouvelles parutions sur ce blog. Bien amicalement,

L'équipe de Lengguru-Kaimana

16nov. 2010

Soir de dernière…

mardi 16 novembre

Soir de dernière…

Par Olga Otero

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Et oui, ce soir c’est le dernier blog. Alors pour cette édition un peu spéciale, vous aurez des interventions un peu spéciales… Tout d’abord les deux manitous de l’expé, Jacques et Laurent (Kadarusman nous ayant laissé il y a plus d’une semaine maintenant, il ne reste qu’eux deux) ont accepté de nous livrer tout ce que nous avons toujours voulu savoir sur la genèse de cette aventure (sans jamais avoir osé le demander !). Ils sont sur leur copie au moment où je vous écris et je ne sais donc pas de quoi sera faite leur production... J’ai juste pu les prendre en photo avant qu’ils s’y mettent.

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Ils avaient l’air très décidés ! Suivra un texte prospectif de Budiman et collègues. Je suis bien contente que nos archéologues nous accompagnent pour ce dernier soir car s’il y en a qui ont vraiment joué le jeu de nous tenir informé régulièrement sur leurs découvertes à travers le blog (il faut dire qu’ils ont été servis !), ils en font partie.

Juste avant que vous découvriez ces deux dernières productions, je tenais à vous présenter quelques unes des activités de détente qui permettent de passer le temps, passer les temps morts, sur le bateau, c'est-à-dire entre les repas, le travail et le sommeil. Ces temps « longs » sont nombreux quand il navigue pour les membres de l’équipe scientifique, et pendant les longues périodes de stationnement dans nos zones d’intérêt pour l’équipage du bateau.

L’activité reine ne sera pas illustrée, il s’agit de la pêche. Je considère que vous avez assez vu de scènes de pêche, même si elles sont scientifiques… Sinon, les activités les plus prisées sont tout d’abord le jeu et l’ébahissement collectif devant la beauté des paysages.

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Ils sont l’un comme l’autre pratiqués à toute heure suivant la disponibilité des troupes et l’état du milieu, avec cependant une recrudescence de la béatitude vers le coucher du soleil.

Ensuite tout un tas de pratiques « hygiéniques » sont développées pendant les moments creux : réapprovisionnement d’eau de mer pour les sanitaires même sous la pluie – chapeau Erlin ; rasage devant le soleil couchant en solo ou dégagement derrière les oreilles en duo !

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Sinon c’est aussi le moment d’activités centrales pour tous, à savoir le papotage ou encore les consultations en presque continu chez le docteur Jean.

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On y consulte pour des fièvres (attention, ce peut être un début de crise de palu : on teste)

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ou pour des blessures (rappelez-vous l’opération à jambe ouverte de Bruno) ou encore pour des bobos et des coups de soleil… C’est aussi le moment de mettre ses notes au propre, trier ses photo, faire une dame de pique sur l’ordi, ou pour les plus courageux rédiger une page pour le blog dans le capharnaüm du pont arrière.

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Pour finir, il reste des activités mal comprises encore par le reste de l’équipe : on trouve ça et là des gamelles avec des os de poisson en train de tremper et deux individus sont régulièrement en train de chercher,

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l'air hagard, dans les profondeurs des malles entreposées sur le pont arrière, mais quoi donc, à l’arrière du bateau, ils ont souvent des trucs sur la tête, frontale, masque ou lunettes de soleil et ils portent parfois des cordages … un manque de terrain peut-être.

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Quoi qu’il arrive ce petit monde peut vaquer tranquillement à ses activités quelles qu’elles soient, car Sempaa veille.

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Olga Otero qui a fini de conditionner son matériel, taper les listes d’emprunt… et se détends en tapant le blog, assise pour la dernière fois sur le pont arrière du Airaha 2.




La fin d’un si long chemin…

Par Laurent Pouyaud et Jacques Sembrouk

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Au cours de l’expédition Cendrawasih en avril 2009, nous naviguons vers la péninsule de Wondama pour échantillonner la rivière Naramasa. Nous découvrons alors dans le lointain, plus au sud, un énorme massif karstique qui expose ses reliefs escarpés bien au dessus des brumes matinales.

Le capitaine nous explique que ce sont les massifs de Lengguru, une zone inhospitalière, inhabitée et s’étendant sur plusieurs centaines de kilomètres. L’exploration de cette région n’est pas prévue à notre programme et avec déception nous continuons notre route.

Nous nous promettons néanmoins d’y revenir un jour…

Nos partenaires indonésiens nous expliquent que pour explorer cet immense territoire, il faudra demander toutes les autorisations requises à Kaimana. Rendez-vous est donc pris. De retour à Jakarta et durant tout l’été, le projet de cette nouvelle expédition murit doucement dans nos têtes.

Nous rencontrons presque par hasard, des spéléologues qui arpentent depuis quelques années la partie orientale de la Nouvelle-Guinée. Ce sont des karstologues, donc des spécialistes de l’étude hydrogéologique et de la topographie des réseaux souterrains creusés au fil du temps par l’action incessante de l’eau sur les roches carbonatées. Ils sont donc a priori à des années lumières de nos préoccupations scientifiques qui consistent à rechercher et à inventorier des petits poissons arc-en-ciel. Le seul centre d’intérêt que nous avons en commun c’est que les karsts sont éventrés par des rivières fragmentées (cours aériens versus souterrains). Nous savons par exemple que les karsts papous abritent beaucoup plus d’espèces de poissons arc-en-ciel que les autres régions alentour. Ces massifs de la partie indonésienne de l’île de Nouvelle-Guinée n’ont pratiquement pas été explorés, que ce soit par des spéléos ou d’autres scientifiques de tout poil. L’enjeu scientifique est donc réel !

Une collaboration est en train de naître.

A la fin de l’été 2009, le concept est enfin trouvé grâce à d’intenses recherches bibliographiques et notamment la thèse de V. Bailly. Ce sera l’expédition Lengguru-Kaimana 2010. Un labyrinthe naturel de la taille du Vercors dont il faudra comprendre la formation et l’évolution géologique depuis plus de 10 millions d’années mais également inventorier les espèces et interpréter les mécanismes de diversification qui ont façonné la biodiversité qui s’accroche à sa surface et survit dans ses entrailles.

Le financement de la partie ichtyologique du projet par la Fondation de la Recherche pour la Biodiversité fin 2009 nous mettra le pied à l’étrier et nous permettra d’élargir le champ d’étude à beaucoup d’autres disciplines des Sciences de la Terre, de la Vie et de l’Homme. Grâce notamment au soutien de Colas Compagnies en Indonésie, de Veolia Environnement et de l’IRD et grâce à la motivation des participants, le budget sera bouclé début 2010. C’est alors que commence l’étape la plus longue et la plus fastidieuse, celle du montage administratif et de la mise en place de la logistique.

Il nous faudra passer de nombreux écueils, traverser des dizaines de bureaux, dépenser des centaines d’heures de conversations téléphoniques pour enfin obtenir en aout 2010 l’autorisation du Ministère de la Recherche et de la Technologie Indonésien. Nous passerons les détails, mais oh combien de fois avons nous cru devoir renoncer à obtenir nos visas de travail ! La nuit portant souvent conseil, nous nous sommes accrochés, guidés par cette force irrésistible, celle qui naît dans vos tripes quand vous êtes face à ces forêts accrochées dans les brumes.

Nous avons enfin foulé la terre de Lengguru le 12 octobre après plus d’un an et demi de préparation.

Ce jour-là nous nous sommes regardés, le sourire en coin mais une larme à l’œil. Nous y étions enfin….

La suite de l’expédition et toutes ses découvertes nous donneront raison d’avoir tant persévéré…

Les plus importantes sont encore tenues secrètes…

Un projet est né, une équipe franco-indonésienne aussi !

Merci à tous les participants et à tous les supporters! Vous avez tous été efficaces, patients et adorables. Même après les courtes nuits sous la pluie, le ventre vide !

RDV en 2012

Jacques et Laurent

Potensi Arkeologi di wilayah Kaimana

Budiman, Erlin N.I. Djami dan Erik Gontier

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Eksplorasi potensi arkeologi di wilayah Kaimana merupakan salah satu objektifitas dari misi Lengguru-Kaimana 2010 ini. Penelitian arkeologi di wilayah ini belum dilakukan secara intensif, baik ekskavasi maupun survei kawasan. Tujuan dari penelusuran kali ini berupa pendokumentasian situs-situs dengan melihat jenis situs, morfologi, dan faktor lainnya yang dapat dijadikan parameter dalam menilai satu potensi situs. Hasil dari ekspedisi ini berupa data-data baru situs arkeologi yang dapat dijadikan sebagai bahan pelengkap sejarah budaya masyarakat Papua pada khususnya dan Indonesia pada umumnya. Situs-situs arkeologi tersebut terbentang sepanjang pantai di kabupaten Kaimana, dari wilayah Arguni sampai ke wilayah Kayu merah. Data-data tersebut berupa:

Lukisan dinding karang

Pada ekspedisi lengguru 2010 ini, Tim arkeologi melakukan eksplorasi dengan menyusuri pantai dan pulau-pulau karang di wilayah Kaimana untuk mencari dan menemukan jejak-jejak peradaban masa lampau, berupa lukisan-lukisan yang ditorehkan pada dinding-dinding karang. Hasilnya berupa temuan sejumlah situs seni cadas di kawasan Teluk Triton dan Teluk Arguni.

a. Teluk Triton

Hasil penelusuran arkeologi di kawasan Teluk Triton, ditemukan 11 buah situs dengan temuan berupa torehan gambar pada permukaan dinding-dinding karang dengan menggunakan zat berwarna merah dan kuning. Motif-motif lukisan yang ditampilkan berupa gambar kadal, panah, titik, matahari, bulan, simbol alat kelamin laki-laki dan perempuan, kerang, perhiasan hidung, abstrak, dan berbagai bentuk garis serta gambar yang tidak teridentifikasi karena sudah aus dan rusak.

Penempatan dan penggambaran objek lukisan pada dinding tebing cukup bervariasi, ada yang diletakkkan pada bidang datar dinding, langit-langit ceruk, dan ada juga yang diletakkan pada bidang cukungan dinding, dengan pola penggambaran objek baik secara horizontal, vertikal, maupun miring, serta ada yang tunggal dan tumpangtindih, dengan orientasi tebing dari arah Utara – Selatan, Timur – Barat, Utara - Barat, dan Utara - Timur.

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b. Teluk Arguni

Hasil penelusuran arkeologi di kawasan Teluk Arguni, ditemukan 2 buah situs dengan temuan berupa torehan gambar pada permukaan dinding-dinding karang dengan menggunakan zat berwarna merah, kuning, dan putih. Motif lukisan yang ditampilkan berupa gambar cap tangan positif, antropomorfik, mata, kadal, simbol kelamin, panah, ikan, titik-titik, tulang belakang, lingkaran, segi empat, abstrak, jaring (sarang), dan berbagai bentuk garis tebal dan tipis serta tidak teridentifikasi karena aus terkikis.

Penempatan dan penggambaran objek lukisan pada dinding tebing cukup bervariasi, ada yang diletakkan pada bidang datar dinding, langit-langit ceruk, dan ada juga yang diletakkan pada bidang cukungan dinding, dengan pola penggambaran objek baik secara horizontal, vertikal, maupun miring, serta ada yang tunggal dan tumpang tindih, dengan orientasi tebing Utara - Selatan

Temuan lukisan dinding di wilayah Kaimana sebagai bukti bahwa wilayah tersebut berperan penting dalam sejarah peradaban manusia di wilayah Papua. Seni cadas merupakan suatu lambang atau simbol yang mengandung nilai-nilai kehidupan, hal ini tercermin pada motif-motif yang ditampilkan, tata letaknya, cara penggambaran, pewarnaannya, dan tumpang tindih lukisan.

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Hasil analisis objek lukisan, menunjukkan bahwa kadal merupakan objek utama yang ditampilkan, baik secara konkrit, abstrak maupun antropomorfik, sedangkan objek-objek gambar lainnya merupakan simbol atau bagian dari kadal yang ditampilkan secara terpisah-pisah, karena bagian-bagian tersebut memiliki makna tersendiri dan juga sebagai gambaran unsur-unsur yang ada lingkungan.

Kadal merupakan binatang yang berperan penting bagi masyarakat pendukungnya, dan merupakan representasi dari roh nenek moyang, sehingga dalam penggambaran kadal sebagai objek lukisan masih bersifat abstrak karena mengandung makna simbolis. Hal ini telihat juga pada penggambaran bagian-bagian dari kadal yang menunjukkan simbol-simbol kekuatan, kesuburan, keberanian dan kedamaian. Hal ini didukung pula oleh penggunaan zat berwarna merah, kuning dan putih.

Berdasarkan pada tumpang tindihnya lukisan diketahui bahwa lukisan berwarna merah lebih tua, kemudian yang berwarna kuning dan putih yang paling muda. Keberadaan seni cadas tersebut diperkirakan mulai muncul sejak masa neolitik sekitar 4000 tahun yang lalu. Hal ini didukung oleh motifasi budaya pembuat lukisan yang mengarah pada fungsi religi.

Keindahan dinding-dinding karang yang mengandung lukisan serta keindahan lingkungan alamnya, sangat potensial jika situs-situs tersebut dikembangkan sebagai ojek pariwisata budaya maupun alam.

Penguburan dinding karang dan ceruk batu

Selain lukisan dinding, ekspedisi ini menghasilkan data arkeologi berupa kubur ceruk dinding gua. Tradisi penguburan ini merupakan ciri khas di Indonesia bagian timur seperti Toraja dan Papua. Di wilayah Kaimana, temuan kubur dinding karang ditemukan pada tebing-tebing sepanjang pantai dan beberapa gua dari wilayah Arguni sampai ke wilayah Kayu Merah. Sebagian besar kubur tersebut ditemukan bersama lukisan dinding atau berada pada satu tempat yang sama. Namun terdapat juga beberapa situs kubur dinding yang ditemukan tanpa lukisan.

Kubur tersebut di temukan pada ceruk-ceruk atau lubang-lubang batu yang terdapat pada tebing pada ketinggian tertentu. Dari pengamatan setiap kubur memperlihatkan satu karakter dimana elemen tubuh yang terdapat pada ceruk atau lubang tersebut sebagian besar berupa bagian tulang-tulang anggota gerak seperti tulang tangan dan kaki. Namun pada tempat tertentu terdapat juga bagian-bagian tubuh lain seperti tengkorak (terutama pada penguburan di ceruk-ceruk batu dalam gua), rusuk, dan bagian lainnya. Struktur rangka sudah tidak terartikulasi dan hanya tersimpan mengikuti arah dari lubang atau ceruk. Hal tersebut di atas mengindikasikan bahwa penguburan di dalam ceruk atau lubang pada dinding batu merupakan penguburan sekunder.

Penguburan sekunder merupakan penguburan ke dua, dimana sebelumnya mayat di simpan di suatu tempat baik dikubur, disimpan atau proses lainnya. Kemudian setelah proses pelepasan daging dan mayat tinggal tulang belulang maka disimpan di tempat lain. Biasanya proses ini melalui sebuah ritual tertentu.

Pada kubur dinding karang dan ceruk batu yang ditemukan di wilayah Kaimana, terdapat beberapa cerita penduduk yang mengungkapkan tentang proses dan keberadaan kuburan tersebut. Berdasarkan informasi masyarakat pada masa lampau sebelum masuknya agama, biasanya mayat ditempatkan di atas bale-bale yang cukup tinggi setelah itu diasapi hingga seluruh danging si mati terlepas, kemudian semua tulang yang tersisa dikumpulkan dan dibawa untuk disimpan pada ceruk-ceruk karang maupun gua.

Keterkaitan antara kubur dan lukisan dinding karang menimbulkan satu pertanyaan, terutama dari aspek kronologi. Meskipun berada dalam satu tempat namun tidak berarti berasal dari masa yang sama. Tidak adanya dating absolut merupakan satu kendala dalam menjawab pertanyaan ini. selain itu, tradisi penuburan dalam ceruk dan lubang dinding karang masih berlangsung sampai saat ini. Hal tersebut berdasarkan temuan beberapa kubur ceruk modern dengan menggunakan peti atau disertai benda-benda moderen seperti makanan kaleng dan alat-alat masak masa kini.

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Hunian gua

a.Teluk Triton

Penelusuran gua-gua prasejarah di wilayah Kaimana diawali dari wilayah teluk Triton. Hasil penelusuran menemukan dua gua yang berpotensi sebagai hunian masa prasejarah di wilayah lobo Gua Sembuaya yang terletak di desa Lobo (S:03046’46.9” dan E:134045’70.0”). Mulut gua mengarah ke Timur dengan lebar sekitar 9 meter, panjang total sekitar 14 meter dan tinggi sekitar 1-2 meter. Potensi arkeologi tampak pada sedimen dipermukaan mulut gua yaitu sedimen yang kering dan cukup tebal. Meskipun tidak terdapat temuan di permukaan tanah namun dengan sedimen tersebut dapat diyakini mengandung deposit temuan arkeologi di dalamnya.

b. Teluk Kayu Merah

Di wilayah ini terdapat banyak gua besar dengan aliran sungai dan proses karstifikasi yang masih aktif di dalamnya. Hasil eksplorasi tim ekspedisi menemukan setidaknya 5 gua besar. Gua-gua tersebut sangat indah dengan pemandangan stalagmit dan stalaktit dengan berbagai warna dan bentuk. Keindahan gua di wilayah ini sangat potensial dijadikan objek wisata gua namun, dari aspek arkeologi tidak terdapat potensi hunian prasejarah di wilayah ini.

c. Teluk Arguni

Wilayah teluk Arguni memiliki potensi hunian gua yang sangat tinggi. Hal ini dapat dilihat dari hasil penemuan tim terhadap satu gua prasejarah di wilayah ini. Gua Karas terletak di desa Urisa distrik Arguni Bawah pada koordinat E:03018’23.7” dan S:133045’02.4” Merupakan gua yang sangat luas dengan mulut gua berupa ceruk dengan lantai yang rata, luas, permukaan yang kering, sedimen yang tebal dan mengandung beberapa temuan arkeologi pada permukaan tanah seperti fragmen cangkang kerang.

Gua Karas sangat memenuhi syarat sebagai gua hunian prasejarah, yaitu: berada di lokasi yang cukup tinggi dan terlindung sehingga aman dari gangguan binatang buas; lantai gua rata dan kering; sirkulasi udara dan cahaya yang bagus dan dekat dengan sumber air dan makanan.

Penggalian dari 3 lubang uji (test pit) di gua ini telah menghasilkan data mengenai hunian prasejarah tertua di wilayah Kaimana. Kesimpulan tersebut berdasakan temuan arkeologi yang dihasilkan yaitu berupa: fragmen tembikar, cangkang kerang, alat cangkang kerang, tulang hewan, alat tulang dan alat batu dan kubur manusia.

Temuan fragmen tembikar berupa bagian badan, leher, dan tepian yang terdiri dari tembikar polos dan berhias. Berdasarkan pengamatan sekilas nampak jelas bahwa tembikar-tembikar yang ditemukan berasal dari tradisi orang Austronesia (dari wilayah Asia) dengan ciri khas tembikar berslip merah dan tradisi budaya Lapita (dari Pasifik) yang memiliki ciri khas hiasan tera jala dan gores serta bertemper halusan cangkag kerang. Apa bila perkiraan tersebut benar maka dapat dikatakan bahwa telah terjadi kontak antardua budaya di wilayah ini. Hal ini sangat menarik dan perlu mendapatkan kajian lebih lanjut.

Temuan cangkang kerang atau moluska yang berhasil ditemukan berasal dari moluska air tawar (khususnya dari jenis-jenis Gastropoda), air payau dan laut. Temuan-temuan tersebut mengindikasikan pemanfaatan sumber daya akuatik sebagai bahan makanan dan alat. Kerang yang dijadikan alat berasal dari famili Veneridae (Pelicypoda) yang dimodifikasi dan dijadikan alat serut dan penusuk.

Pemanfaatan hewan sebagai sumber makanan oleh penghuni gua Karas dapat diketahui dari temuan tulang yang dihasilkan. Hewan-hewan yang dikonsumsi diantaranya: ikan, babi, rusa, kaguru pohon,(lau-lau) kura-kura (penyu), jenis burung dan hewan lainnya.

Khusus untuk kubur manusia, temuan tersebut berupa satu rangka utuh yang merupakan kuburan primer. Bagian rangka yang ditemukan berupa bagian badan yang terdiri dari tulang rusuk (coste) dan tulang belakang (Vertebrae). Sedangkan bagian lain seperti kepala, tangan dan kaki terdapat di bagian lain yang tidak sempat digali. Pada bagian bawah terdapat batu-batu gamping kecil yang kemungkinan disusun sebagai alas bagi si mati. Pada bagian atas rangka terdapat temuan fragmen tepian tembikar hias. Namun temuan tersebut belum dapat dipastikan sebagai bekal kubur karena yang ditemukan hanya berupa fragmen.

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Semua temuan arkeologis di atas merupakan ciri khas dari budaya pre-Neolitik sampai Neolitik yang berkembang sejak 6000 BP s/d 2000 BP. Namun untuk kepastiannya analysis dating perlu dilakukan untuk mengetahui pertanggalan absolut dari situs tersebut.

Situs-situs yang dijelaskan di atas merupakan hasil dari eksplorasi panjang dalam ekspedisi Lengguru-Kaimana 2010. Meski demikian, masih banyak situs lain di wilayah lain yang belum dapat dikunjungi, terutama di wilayah pedalaman.

Hasil analisis dan penelitian kedepan akan menjawab semua misteri yang terkandung pada situs-situs yang ditemukan dan dapat melengkapi sejarah budaya wilayah Kaimana dan Indonesia. Satu hal yang perlu diperhatikan yaitu pelestarian terhadap situs-situs ini. Untuk itu, perlu adanya keterlibatan dari pemerintah daerah untuk aktif dalam hal pelestarian dan pengembangannya. Begitu pula kesadaran masyarakat terhadap pelestarian warisan budaya ini merupakn hal yang tak dapat dikesampingkan dalam kelestarian situs-situs dan peninggalan budaya tersebut.

15nov. 2010

Enfin le large !

lundi 15 novembre

Enfin le large !

Par Olga Otero

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Dur de quitter Kaimanai. Nous avons pris le large en fin de matinée. Nous avons eu des adieux déchirant avec Napoléon, Lukas et Petrus. Des liens forts se sont tissés entre eux, des membres de l’équipage et des membres de l’équipe scientifique. Tous savent que la séparation sera de longue durée mais les espoirs de se retrouver pour une nouvelle aventure sont bien là ! Nous avons fait une photo d’équipe.

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Il manque Gigih, c’est lui qui la prend ! Ce sera probablement la photo qui vaudra pour la fin de la mission, car maintenant chaque étape verra des partants et des restants, à Sorong d’abord, puis à Djarkarta et enfin à l’aéroport de Paris pour ceux qui auront parcouru le chemin le plus long pour venir explorer ce bout de Papouasie. En attendant la prochaine étape, la vie du groupe reprend son cours. Un cours plein pot, car le Airaha 2 développe toute sa puissance pour que nous rallions Sorong dans les temps. En route vers les retours, nous avons encore un pied dans cette aventure qui s’achève à peine. Pour preuve ce récit de Bruno qui raconte comment nos grottologues ont cherché la caverne miraculeuse jusqu’au dernier moment ! (pendant je que regardait la sortie de la messe hier). Au passage je lui ai piqué une photo qu’il a faite de Budiman et Erlin, nos deux archéologues de choc, dans un becak. Ca me permet de vous montrer ce mode de locomotion écolo évoqué dans mon blog d’hier.

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Ensuite c’est Conni qui nous fait part de ses impressions et de ses souvenirs tous neufs de sa première méga expédition (elle doit commencer sa thèse bientôt ! c’est tout le mal qu’on lui souhaite). Je leur laisse la parole, ou plutôt l’écrit et les photos…

Olga Otero, sur le pont arrière du Airaha, qui vogue, qui vogue, qui vogue…

La dernière chevauchée grottesque !

Récit de Bruno Fromento

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Nous devons passer une journée sur Kaimana, c’est donc notre dernier coup sur le Karst avant notre départ. Ce matin, Napoléon nous attend avec sa voiture jaune. C’est lui-même qui nous a proposé d’aller observer quelques grottes autour de la commune. Notre équipe « karstologie » (Hubert, Guilhem, Bruno) se complète avec l’équipe géologie (Budi). Lukas, de tous les bons coups, nous accompagne.

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C’est donc bien serré dans la voiture et sous une chaleur étouffante que nous quittons le port. Napoléon, le volant sport dans les mains, nous pilote tranquillement vers notre premier objectif. Nous découvrons au pied d’une falaise d’une centaine de mètres de haut, une entrée semble t’il prometteuse.

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Comme d’habitude, je me coiffe d’un casque équipé de ma lampe « scurion » puis je me vêts de la combinaison spéléo « Aventure Verticale ». Nos sponsors doivent être sur l’image ! Je m’enfonce de quelques mètres puis plus rien, pas de continuation. Quelle blague ! Je préviens mes collègues de ne pas s’énerver pour la première ! Nous faisons tout de même un point GPS. Enfin, la configuration de l’entrée nous laisse supposer qu’il serait intéressant de faire des sondages archéologiques à cet endroit.

En avant pour la deuxième grotte, que nous espérons longue et merveilleuse ! Nous traversons des jardins puis remontons une pente abrupte mêlée de branches mortes pour déboucher après une escalade glissante devant l’entrée. Devant nous se présente cinq gros sacs remplis de terre. Nous ne sommes donc pas les premiers ! Sur les murs quelques inscriptions comme des prénoms et au plafond des chauves souris.

Evidement, 10 m plus loin tout est bouché ! La motivation s’émousse fortement d’autant plus que la chaleur devient pénible. Quelques glissades plus loin nous rejoignons la voiture, et l’idée de se jeter une cannette fraiche surgit. Je signale à Napoléon que nous avons vu une grotte au bord de la mer.

En avant pour la plage !

Garés à proximité d’un débit de boisson, nous laissons nos sacs d’équipement et partons sur la plage avec le strict minimum.

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Une grande entrée, seulement, avec une paire de liane qui équipe une escalade, rien que cela. Nous rencontrons Budiman et Erlin qui sont venus inspecter les falaises ! Ensemble nous discutons paisiblement puis d’un élan commun nous repartons assaillis par la soif. Que cette boisson fraiche est délicieuse ! C’est sans rancune que nous quittons Kaimana, notre dernière journée fut très instructive.

Yaay…trip done already!

By Conni Sidabalok

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Yaay…trip done already! Finish alias selesai!!! Arguni Bay, Bicari Bay, and Boi Bay are done! So many things we have been through. Fun, excitement, adventure, sexy skin due to the sun burn, and of course a bit of exhausting hehehe…etc.

As usual, there is always at least one “strange day” on an expedition. And definitely we experienced one. On that day, we started the trip by walking for one km on a muddy shore just to get to a village because the boat could not land due to the low tide. And guess what, when everybody eventually got to the village, the boat motorists welcomed us with a full smile (means he managed to take the boat to the village)….hate that! He could have taken us to the village on board instead of abandoning us walking on that terrible mud. “Fun” did not stop there, it continued for me when I could not find any specimens on the shore. And to make it worse, we ended the day by getting caught in the rain for three hours on our way back to the ship (on a strong current!). Things were more interested when the boat was running out the gasoline and we had to stop by at two villages to buy the gasoline. OMG what a day! We also got another “nearly strange day” when our boat was stuck due to low tide (again!). So Gigi and Napo had to paddle at the back of the boat to push it to the deeper area. Apart from those days, actually everyday had its own interesting story.

By now, I (with so many helping hands) have collected some varied crustaceans. Yet I was struggling to find my isopods, it could be due to the brackish environment, especially in Arguni Bay, or it was just because of my improper sampling methods. I eventually found my first isopods on a clay based environment when I joined Olga and Unggul’s trip (thanks guys!). And I managed to find more isopods on different environments afterwards. I also thank Captain, Gofir, Nur, Budiman, Amir, Dayat and many more who were helping me collecting and scrapping many dead corals.

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From left to right, Pak Dayat, Gofir, Pak Amir, and Captain Sam were helping me sampling the isopods on a coastal in Bicari Bay

Oooh not to forget all the “amateur” fishermen (AKA the expedition crews) with their caught fish. It’s because I got some parasitic copepods and isopods from the fish gills. Couldn’t do it without you guys!

Simultaneously, my sampling companion also collected some shrimps, crabs, and small fish for my other colleagues. In addition, my colleague, Pian and his “fish team” collected some fish such as, Tetraodon sp., Eleotris sp., Schlopagus argus, and Melanotaenia sp. from the creeks and rivers in all sites.

In Boi Bay, I (on behalf of my sampling partner hehehe…) invented an interesting method to catch the isopods and we call it “body bait method”. It is a method to catch the isopods which inhabit the sand just simply by soaking somebody’s feet in the sand for a while and let them bitten by the animals. Napo (my sampling partner) attracted much more isopods using that method instead of sieving the isopods from the sand. We also collected some isopods from rocky substrate in the adjacent area.

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Napo was applying “body bait method” on a sandy shore in Boi Bay

And on the few last days, I was so exciting when we arrived in Kaimana and get the chance to have a sight seeing in town. Even this simple and small town could make me feeling back to civilization! Finally, I’m glad being involved in this expedition and really enjoyed this experience. Some words might well describe the excitement of this expedition, i.e. ala sup, tinned sardines, fish and fishing, domino or “gaple”, playing cards, amboina songs, smokers, naughty jokes etc. Lastly, thanks everybody! Pleasure to know you all and to work with you. Fun is over. Let’s get back to the real world and carry on our life!

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