Une belle collecte de lézards

Vendredi 14/11, depuis le camp de base de Kumawa.

Aujourd’hui, j’accompagne Evy et Tri, les deux herpétologistes indonésiens. Ils ont placé dans la forêt environnant le camp des pièges à lézards (des pièges collants faits de colle à souris étalée sur un support en bois) et des pièges à varans (des tubes en PVC bouchés d’un côté et dans lesquels ils placent un appât). Ils les relèvent deux fois par jour : une fois dans la journée et une fois à la nuit tombée.

La moisson du jour est assez bonne : il y a un lézard sur chaque piège collant, ou presque, mais aucun varan dans les tubes en PVC. Les lézards sont tous de la même espèce, à une exception près. Ils appartiennent à l’espèce la plus fréquemment capturée près du camp depuis notre arrivée. Evy explique que cette espèce est abondante car elle supporte relativement bien la sécheresse, contrairement à la plupart des espèces potentiellement présentes dans la région. Cette espèce prolifère dans les conditions assez sèches qui règnent en ce moment.

Evy nettoie un piège en PVC – Copyright : S. Quérouil / IRD

Lézard capturé sur un piège collant – Copyright : S. Quérouil / IRD

 

En rentrant, Evy a la surprise de trouver un serpent attrapé sur la plage par une autre équipe. Elle demande à Aurélien de le photographier avec son objectif macro. C’est un serpent fouisseur au corps très fin, du genre Ramphotyphlops. Il est petit (environ 40 cm), avec une toute petite bouche, et n’est pas venimeux. Il ne doit pas avoir une très bonne vue, car des écailles recouvrent ses yeux. Comme il vit dans le sable, la vue n’est pas le sens le plus important pour ce serpent. Evy trouve intéressante cette adaptation au milieu, fruit de l’évolution.

Aurélien photographie le serpent – Copyright : S. Quérouil / IRD

 

Le soir, Evy repart pour tenter de capturer des grenouilles et des serpents le long de la rivière. Ici, la plupart des espèces de serpents sont nocturnes. Il faut dire que les nuits sont assez chaudes, ce qui est un avantage pour ces animaux qui ne sont pas capables de réguler leur température corporelle.